Le propre du lomographe n’est pas de faire des photos réussies sur le plan technique mais l’état d’esprit qui en découle. Ne penser à rien et shooter avec un appareil-jouet rétro sans se soucier du résultat (un peu quand même dans les faits hein ;) ). Le résultat sera de toute façon piteux d’un point de vue purement technique (déformations de perspectives, vignettages, tâches, flous etc.).

Holga CMY

C’est quoi au juste la lomographie ?

Le terme « Lomographie » désigne à la fois une marque, une société et une pratique photographique.

Remontons quelques années en arrière pour comprendre.

En 1983, L’Union opto-mécanique de Léningrad (Leningradskoje Optiko Mechanistschéskoje Objedinénie), usine d’armes et d’optiques de Saint-Pétersbourg, produit et commercialise le Lomo LC-A pour concurrencer le japonais Cosina CX-2. L’appareil de piètre qualité fait son temps, la commercialisation cesse, l’histoire aurait pu s’arrêter là…

Il faut alors attendre 1991, que deux étudiants autrichiens (Matthias Fiegl et Wolfgang Stranzingerse) en goguette à Prague, dénichent un Lomo LC-A d’occasion sur l’étal d’un marché aux puces.

Ils tombent sous le charme de l’appareil et des défauts des images qu’il produit. Ainsi, en 1992, ils convaiquent le directeur de l’ancienne usine russe de redémarrer la production de leur appareil fétiche. Ils signent par la même occasion un contrat de distribution exclusive du Lomo LC-A et fondent la Lomographische AG pour le commercialiser sous la marque Lomography.

2009, la petite société est devenue grande et commercialise désormais d’autres appareils photos :

Aujourd’hui, le site de la Lomographic Society est à la fois un site d’information, une e-boutique de lomos, pellicules et autres accessoires ainsi qu’une communauté ou les lomographes peuvent diffuser leurs travaux.

La société dispose également d’un compte Twitter.

Les 10 commandements de la lomographie :

  1. Take your Lomo everywhere you go (Emporte ton Lomo où que tu ailles)
  2. Use it any time – day and night (Utilise-le à n’importe quel moment – jour et nuit)
  3. Lomography is not an interference in your life, but a part of it (La lomographie n’est pas une intrusion dans ta vie mais en fait partie)
  4. Try the shot from the hip (Essaye de ne pas cadrer)
  5. Approach the objects of your lomographic desire as close as possible (Approche-toi au plus près des objets que tu veux photographier)
  6. Don’t think (Ne réfléchis pas)
  7. Be fast (Soit rapide)
  8. You don’t have to know beforehand what you captured on film (Tu n’as pas à savoir à l’avance ce que donne ta photo)
  9. Afterwards either (Après coup non plus)
  10. Don’t worry about any rules ! (Moque-toi des règles !)

Holga CMY et Domo-kun

La lomographie : des avis partagés

Qui dit succès dit grincage de dent ! Et oui la lomographie peut être critiqué au moins pour deux raisons.

En premier lieu, la lomographie, de part son concept, est accessible à tous ! Ne pas cadrer, ne pas penser, se moquer des règles alors certes, c’est jouissif, mais il n’y a aucune fierté mal placée à tirer de telles photographies.

J’exagère volontairement car de nombreux post-traitements peuvent être fait en labo, ils nécessitent donc une certaine maîtrise du développement et du tirage argentique. La lomo est la lomo, une mode fun et libératrice… Faire de la photographie, c’est autre chose, c’est connaître les préceptes techniques et optiques qui permettent de rendre exactement le résultat imaginé. Un photographe aguerri ne laisse pas de place au hasard (qu’il photographie de l’abstrait ou du concret). Et, de fait, il est capable de figer exactement l’image qu’il avait en tête. La lomographie c’est exactement l’inverse ! Ne pas savoir ce que l’on fixe avec les sels d’argents ni quel sera le résultat. C’est pour cela que les deux écoles ne doivent surtout pas être comparées et jugées qualitativement l’une par rapport à l’autre !

L’autre point pouvant être critiqué est le fait que la lomographie soit, à l’instar de la tecktonik, en tant que pratique et en tant que marque, la création d’une société.

Sommes-nous tous des vendus succombant aux sirènes du marketing lomo ? Je n’ai pas de réponse absolue… En tout état de cause, le regain d’intérêt pour les appareils rétros est bien réel, qu’ils soient estampillés Lomo ou non. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder du côté des communautés qui se forment autour des appareils moyen-formats ou des Polaroïds, tous modèles confondus.

La lomographie est devenue un terme générique signifiant cette attirance pour les appareils jouets et/ou retros, cette affection pour les images oniriques et incalculables. Dans un monde ou toutes les images sont lissées et prévisibles, et bien c’est rafraichissant, c’est libérateur, c’est presque cathartique !

Juste have fun with your lomo :)

En tout cas, c’est ce que je fais avec le mien !

À suivre…