Manga Thermae RomaeEncore une découverte et un pitch comme seuls les japonais peuvent nous en concocter ! Un architecte romain spécialiste de l’architecture thermale traverse le temps et l’espace pour visiter les établissements thermaux japonais : bains publics, onsen, salles de bains privative etc.

Ce manga est parait-il un best-seller au Japon et figure en bonne place sur les présentoirs de mangas de notre bonne vieille Gaule ! C’est donc intriguée que je me suis lancée dans la lecture de Thermae Romae par Marie Yamazaki. Le pitch saugrenu ne m’effrayais pas plus que cela, car nos amis mangakas nous ont habitués à bien plus invraisemblable ! Notamment Les vacances de Jésus et Bouddha et Les Gouttes de Dieu par exemple ! Non, ce que je craignais c’est le contexte historique : l’Antiquité Romaine…

Et pourtant ! C’est bien l’un des mangas les plus drôles que j’ai lu ces derniers mois ! Le trait de Mari Yamazaki est soigné et raffiné et nous transporte dès les premières page dans son univers ! Au diable les anachronismes ! J’ai lu les 4 tomes de Thermae Romae sortis à ce jour d’une seule traite. 6 sont prévus au total.

Dans Thermae Romae, on suit les pérégrinations d’un architecte romain sur le déclin, spécialisé dans l’architecture thermale, il a du mal à innover. Un jour, aux bains, il trouve une faille au fond d’un bassin, et le voilà transporté dans le Japon contemporain (ce qu’il ignore vous vous en doutez bien !). Ce Japon des années 2000 lui sert donc d’inspiration lorsqu’il revient dans son époque. Résultat : il devient de plus en plus célèbre à Rome. Ainsi, l’empereur Hadrien ne tarde pas à faire appel à ses services. Les voyages dans le temps et l’espace se succèdent et fond avancer l’intrigue.

Selon moi, ce qui fait la force de ce manga, ce sont les personnages extrêmement attachant à commencer par notre héros Lucius Quintus Modestus. Sa candeur, sa passion, sa détermination même, et surtout son éblouissement envers les ouvrages thermaux des « visages plats », comprendre par là les japonais. Il est loin d’imaginer qu’en leur rendant visite il voyage dans le temps. Les scènettes ou il est vexé que l’empire romain au sommet de sa puissance, ne soit pas aussi novateur que cette contrée des « visages plats » qui eux-mêmes ne semblent pas reconnaitre la grandeur de Rome sont très drôles.

Il y a aussi bien-sûr l’empereur Hadrien, bienveillant, instruit, amoureux du bel ouvrage. La force tranquille respectable et respectée.

Enfin, les fans des Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar ne vont peut être pas apprécier le portrait qui est fait de  Aelius Ceionius. Son attrait pour la gente féminine sert ici de déclencheur comique. C’est un manga humoristique, il ne faut pas l’oublier ! ;)

Ceci dit, les réflexions de l’auteure en fin de chaque chapitre nous permettent tout de même d’en apprendre plus sur les thermes antiques et sur les établissements thermaux contemporains qu’on trouve au Japon.

Une bien jolie découverte encore une fois, mêlant humour et intrigue, portée à merveille par le trait raffiné de Mari Yamakazi :)